Chroniques sénégalaises, 9/11.

Vendredi 12 janvier

Ce matin, le travail est axé sur l’espace de la scène. Le cercle est l’espace scénique « premier ». Le public entoure le conteur, les acteurs. Composé d’un centre et de lignes radiales, il ne s’articule pas ou peu. Constitué d’une ligne parallèle au public, d’une profondeur et d’un centre, le cadre est beaucoup plus dramatique. Il permet de développer le jeu. Dans ce cadre, deux patrons initiaux (ou schémas directionnels « automatiques » de mouvements) coexistent : celui de diagonales et celui de lignes. Un troisième dit « patron dynamique » combine les deux. Quelques soit le patron, l’acteur doit attaquer son entrée. Son mouvement doit être justifié. L’espace doit être « secoué » par la composition de son jeu et ses changements de rythme. L’espace « plein » de création se situe entre les espaces « vides » de début et de fin de spectacle. Le scénario de la saynète se précise. Faute de temps, Carlos propose aux acteurs une pièce sur la thématique des déchets omniprésents depuis le début de notre séjour. Ponctuée de chants, de musique et de passages contés, l’histoire comporte cinq tableaux :
1. Un couple se dispute sur la propreté de la maison. La femme pose un ultimatum à son mari : s’il ne trouve pas de solution, elle le quittera.
2. La femme part. L’homme balaye mais se retrouve submergé devant la quantité de détritus.
3. Désespéré, il reçoit l’aide inattendue et fantasmagorique de ripeurs à tête de déchets.
4. À son retour, l’épouse trouve l’appartement propre et rangé.
5. Rabiboché, le couple sort de scène suivi de son cortège d’extraterrestres.

Youssoupha interviendra en conteur. Il articulera les tableaux et sera accompagné de Fatou au chant. Elle a écrit et composé une chanson dont le refrain sera repris en chœur par la troupe. PapeSidi, Babacar et Moussa s’enchaîneront au djembé. Samba, Ndaye, Babacar, Alioune et PapeSidi s’occuperont des jeux d’objets (introduction et deuxième tableau) et de masques (troisième et cinquième tableaux). Daba et Moussa tiendront les rôles principaux du couple. Au final, en sa qualité de « jocker », Leyti engagera le théâtre-forum vers sa partie débat. Assisté de Carlos et de Paige, chaque groupe répète, discute et améliore les parties : les uns dans la cour, les autres dans le salon. Pendant les pauses, certains acteurs s’isolent pour apprendre le texte d’un prochain spectacle. Je laisse les acteurs à leur répétition et vais prendre quelques photos à l’extérieur de la villa. Sous un hangar, des enfants jouent avec le sable. À l’image de leurs aînés, ils chargent et tirent avec une ficelle des pirogues confectionnées avec des bouteilles de soda coupées en deux.

Le soir, à mon retour de la plage, j’ai droit à un concert improvisé. À l’abri d’une paillote, un enfant chante accompagné de son père au djembé.

 

Texte et photos : ©JRo.

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