Chroniques sénégalaises, 7/11.

Mercredi 10 janvier

La séance commence par un récapitulatif des mouvements vus les jours précédents.

Elle continue par des exercices d’engagement, de confiance, de déséquilibre. La diagonale est un déséquilibre. La seconde moitié de la matinée se poursuit par l’étude des trois « paliers » du geste. Un geste ne doit pas être illustratif. L’acteur ne doit pas chercher à expliquer, il doit réagir physiquement. Ainsi, un geste de la tête donne une indication comportementale ou directionnelle, un geste de la poitrine expose un sentiment (l’amour, le courage…), un geste du bassin engage une action (ex. : porter une valise, ouvrir une porte). L’attitude des acteurs gagne en finesse.

Après le déjeuner, une partie de la troupe a perdu sa motivation. La nuit dernière, le septième khalife général de la confrérie mouride est mort. Dignitaire religieux et guide spirituel reconnu, ce septième khalife était particulièrement apprécié de la population. Le stage ne reprend que vers seize heures. Moussa, Youssoufa et Ndeye jouent le masque.

Au soleil couchant, la fabrique des masques s’installe dans le salon.
Souvent, au moment de ma balade nocturne, Leyti est assis sur un tabouret en face du portail. Dans la rue, dos au mur et ordinateur portable sur les genoux, il tente de capter du réseau. Ce soir, les souvenirs de L. me reviennent. Ne sachant que faire et malgré les quatre mille deux cent kilomètres qui nous séparent, je lui parle à haute voix.

 

Texte et photos : ©JRo.

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