Quand l’exercice de Théâtre X : Légato qu’elle m’a dit…

05/12/13

Légato qu’elle m’a dit, tranquille…et détendu à la fin, ouvre la voix. Allonger les syllabes, déplier les mots, encore et toujours, eux qui ont toujours tendance à se recroqueviller, jusqu’au vertige de la troisième strophe jusqu’aux ombres dedans le miel qui penchent vers l’oubli.

Un lettré, c’est une faux dans l’herbe fraîche. Et si c’était toi ? je me suis trompé. Des chaussures rayées blanches, des frontières écossaises, je surgis avant, pendant, après. Je lance des poèmes condamnés, sans rôle, appuyés sur un dossier de chaise… enveloppés, mes miens, dans ton chignon.

Et puis vient le jazz, serpentin, dans l’antichambre rouge, visage à genoux comme un de ces matins élégants à emporter. Et puis Magritte aussi, le chapeau vert prit dans le froid comme une assiette à fonds perdu rendue en menue monnaie espagnole.

Nuit tranquille pour nous, vierge et colonel, qui y allons. L’intention en toi est juste. Elle est le geste de l’âme et le tourbillon d’une femme légère, apaisés par l’air suffisant d’un merle ou un trait de lait sucré. D’un côté, ni de l’un, ni de l’autre, à vivre l’essentiel comme un don lourd, un souvenir contaminé. Prends le temps des blancs, des solitudes aux violences légères, jambes croisées, le regard perdu vers Ouessant.

Des vrilles, encore mes miens, pour toi, quatorze en tout peut-être dix-huit, mêlés d’amour. Eux ne le sauront pas : rire, ivresse, peur, folie, joie et la braise en eux, d’eux seuls, pourrie de bleu. Et longtemps, ils résonnent et se détachent, épuisés de danse.

L’accroche-cœur sur ta tempe ou ton pull marin rayé : c’est une plénitude solidifiée. Lunettes rouges, comme une boule à jouer en bois de chêne creux, sur un livre ouvert si léger si fuyant, je ne sais plus. Par méprise, plus avant, mignonne, disparu dans le moment mon royaume, la solitude du moi, belle inconnue d’après l’été, comme un aveu, elle règne.

Ma mémoire est faite, appropriée, une main dans tes cheveux, une main sur la pointe des pieds comme un sourire qui trotte au vif. Ton estrade est un peu troublée, une écharpe autour du cou et des fleurs jaune, bleu, rouge… imprimées.

Tes doigts sur tes lèvres, tes lèvres sur un bec d’oiseau, paradis d’herbage, de passage, de sourire à te ronger les ongles comme un amour égaré, instrumental.

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