Quand l’exercice de Théâtre IX : Laisse venir ton sourire même sans cohérence de style

28/11/13

Un chapeau de feuille désinvestit l’émotionnel, ce pur sang par maladresse.

En tailleur sur une chaise, autour d’un jade ou d’une émeraude, un regard par-dessus les lunettes, attendri par le balancement chaotique d’une boucle d’oreille.

Trouver l’étrange dans le corps aux belles arcades, décaler gestes et paroles, rester en périphérie. Poser un texte dans une vision, légato, déplier les mots. L’unité de sens, rue d’Assas (celle-là même où sculptait Zadkine) : la prosodie est très loin de tout ça.

Tes cheveux en cascade, ruelles d’ombre. Une valise marron, tes ongles rouges, le roulis d’une pomme entre tes lèvres, monosyllabes éclatantes. Ton pull bleu habité de tes rondeurs ronronnantes. Pour les bêtes, ton sourire gêné, un vertige oublié comme entre parenthèses. Ta lumière, strophe, une fois dedans, le pharaon y fixera le mot de passage.

Mon frère, où je suis quand tu n’es pas. Une vie crue pour boire poésie : l’été sensible qui souffle mots, j’ai à nouveau à manger.

L’épingle dans tes cheveux : l’offre sans demande. Mon sombre cœur prend le risque des intuitions, convoqué à l’écoute de ton ventre. Jusqu’au fond de tes chaussures, ton sourire roux caché. Le remous de ta joie ou bien l’aventure des nues, l’amour de passage, égaré sous le chaton de ta bague en tortue.

Sorti d’un demi-sommeil, chimère aveugle, mirage dormant, carcan éteint. Lien vif, entendu à l’intérieur, suspendu, trop cassé. Dans ton châle, glisse ta main.

Vitesse contemporaine, arbore-toi. A chacun son bon mot et l’amour pour les autres, les années à supporter. Emporté par une palpitation, la conviction d’ouvrir des bras insouciants, indociles, sucrés d’une sobriété heureuse. L’histoire n’est pas finie.

Mon père, à nous qu’il n’ai permis, un coude sur le genou, la main sous le menton, indisposé à l’Art, tu avances en âge.

Cette lectrice m’émeut et disparait, non dénuée d’humour, laissant là trainer ses fins de vers. Laisse venir ton sourire même sans cohérence de style.

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