Mon œil est un périscope à peau de tambour.

16/12/13

Embrasse-moi car j’oublie trop.

Je patine et glisse sur les livres, les librairies, à coup de rames, mobile mais lent mais déterminé.

Tu me cloisonnes entre tes bras.

Bagarreur sur un pied à coulisse ou mâchonnant un trombone, je suis fidèle en creux à tes formes étoilées.

En surplomb d’un moineau, d’un moi-autre, ma présence est dans le geste simple de la parole. Ce n’est pas forcément une proposition de mouvement, un bestiaire mais j’suis pas une balance.

Tes doigts comme les pattes d’un oiseau, tes doigts trop fins, une prise maigre dialectique, tes doigts fragiles sur la nacre de ton Pigini. Ton sourire s’agrandit comme ton soufflet, celui d’une femme rénovée, sans gaudriole, sans condition moderne… ton amour m’est étrangement familier.

Dans ma roue, je suis un hamster dépassé par la vitesse sans pour autant être épuisé d’espace.

Y’a un Klimt accroché à tes oreilles comme un baisé naissant. C’est un bruit d’avion souterrain, de pages qui filent, de tristesse, d’orgue d’église, de renaissance, d’un bord de canal avec toi le menton sur la rampe, une péniche, ton col remonté. C’est l’hiver au soleil. Je t’aime car tu es belle.

J’ai les émotions floues et langoureuses à t’en ronger les peaux autour de tes ongles rougis comme mes yeux. C’est profond et tremblant entre nous.

Tu trempes mes lèvres comme des pétales de fleurs.

À Solène N. et son Pigini

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