Lolita n’a plus quinze ans.

23/06/15

Elle ne fait plus la roue comme hier.
Désormais, elle se prélasse à l’ombre sur les ilots couverts de la Loire.
Parfois, accroupie, elle caresse le sable resté chaud de l’après-midi.
Elle trempe ses pieds et mouille sa nuque comme pour tester la fraîcheur du fleuve embrassé. C’est une carpe d’argent.
Lolita n’est pas indifférente aux garçons ou plutôt si, mais pas comme avant.
Elle regarde les épaules de ces garçons qui facilement enlèvent leur T-shirt.
Elle rie plus fort aussi de leurs bouffonneries quand ils jouent au football, seul sport qu’ils semblent connaître.
Elle croit qu’elle aime les filles aussi mais n’en est pas certaine.
C’est beaucoup de questions pour un seul été.
Au soir, de l’autre rive, on tire à coups de canon pour effrayer les demoiselles, faire sursauter les éléphants.
Elle monte sur son dos pour traverser un bras de rivière.
Elle voudrait l’embrasser mais c’est trop tôt.
Cette bouée en mine de crayon lui tatoue une rose des vents sur le bras.

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