Je suis né au bout du voyage.

à Jean-Joseph RABEARIVELO
14/08/14

Dans les temps lourds, les opéras d’orages,
Les chats dorment dans les gouttières
Et les animaux exotiques déclament dans la verdure.
Il en va de même du fonds de nos grands yeux morts,
Où les poètes viennent faire sonner leur cascabelle d’espoir.

Seul ton bassin est promesse
Et ta ronde ardente de fleurs mêlées fait chavirer mon navire austral.
Ton front moussu de baisers est une fleur de saccage délivrée de tout rempart.

Qui dira le mieux la douceur d’un cœur aimé ?
Qui étanchera ce vin de douleur qui coule dans mon aubier ?

Je nombre les étoiles et toi, tu es un rêve balancé entre la double colline,
Un de ces rêves favorables où les tortues fraîches tissées viennent pondre leurs diamants.
Je me retrouve, trait pour trait, dans ce papillon qui fait tout un archipel de nos baisers et de nos entrelacs.

Je sonne la conque à la suite de toi, princesse à la bosse de zébu.
Alors, même s’il m’arrive quelques fois encore de me cacher dans l’espace disponible, dans cette 24ème partie du jour, perdue, brûlée… pour écrire,
Je suis une pousse neuve entretenue d’un feu obscurément nourri.
Combien de poètes sont des oiseaux muets ?

Il est des nuages de diamants qui rayent le ciel comme des jeunes filles qui se baignent seules.
Aussi, même s’il n’est plus d’eaux vives pour mes yeux caniculaires,
Ton cœur, princesse, est un bel atelier et j’y meurs déjà.
J’ai posé ton nom sur des graines abolies et je les ai semées.

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