Les chiens bleus 9 juillet 2012

Avril 2012

Tout d’abord, on ouvre les yeux.
Ils vagabondent ça et là, sans tête ni queue, les chiens bleus.
Posant le regard sur eux,
on les suit un instant ou deux.
Ils nous guident, ils nous parlent, ils aboient vers les cieux, les chiens bleus.
L’instant d’après, on a juste cligné des yeux et il ne reste d’eux
que les roses, l’horizon, les adieux…
les chiens bleus.

« I like America and America likes Me‎ » (Joseph BEUYS, 1974) 24 mars 2012

 

Joseph Beuys (allemand) va à la rencontre du coyote (« américain » ou plutôt amérindien), son double : l’homme sauvage. Il se cache, ne veut pas se voir. Le coyote déchire son enveloppe de feutre (vêtement des premiers hommes, simple compression de fils), cette carapace vestimentaire culturelle qui caractérise tant chaque individu de nos sociétés contemporaines. Beuys se fait sortir de sa chrysalide, de son cocon bien chaud, se désarme, délaissant gants (qui couvrent et atténuent le toucher mais aussi les morsures quelles qu’elles soient) et bâton (la défense, la répression). Le triangle, quant à lui, instrument du rythme orchestré à la sonorité cristalline et aiguë, forme universelle de la stabilité, métaphore de la raison, doit être abandonné. Il faut, en quelque sorte, rompre la tranquille harmonie, le rond-rond qui fait fuir l’instinct sauvage. La séparation d’avec le business quotidien (pain quotidien ?), dont témoigne les exemplaires du Wall Street Journal, doit être consommée : l’animal urine sur le journal et déchire ces pages, semble chercher dedans un contenu qui lui échappe… Qu’est ce qu’un journal, sinon un arbre devenu « feuille » dénaturée, artificielle et conditionnée, blanchie et écrite ? Il se roule sur le sol et sur le feutre. Joseph Beuys est allé à la rencontre de son soi sauvage, non sans l’apprivoiser, le nourrir : les morceaux de viande nourrissent ce qu’il est dans son essence, tout autant animal qu’artiste : il est l’errant carnivore, non pas au sens du mangeur de chair mais du bouffeur de vie. Si dans un premier temps, Beuys et son soi sauvage semble se contenter d’un espace clos, grillagé où ils peuvent se découvrir, jouer à la façon des louveteaux ; il apparait qu’une fois mutuellement acceptés, ils portent ensemble leur regard sur le dehors. Chacun sait désormais que l’autre existe : la faim, la soif les reprennent ; l’ailleurs les appelle…

Le château (2012) 7 mars 2012

Cartes à jouer, sable noir et jaune
H : 32 cm
l :  40 cm
P :   6 cm

Issu d’un lapsus de lecture entre château « de sable » et château « de cartes », Le château est une œuvre gigogne offrant plusieurs niveaux de lecture. Le premier rappelle facilement l’enfance, les jeux de plage… Puis vient un second niveau où l’ambiguïté de la structure de ce double château perturbe et bouscule la logique. A un troisième niveau, les deux couleurs de sable indiquent la différenciation, l’individuation de l’être. A un quatrième niveau, dans l’œuvre elle-même et de façon plus discrète, se joue un tête à tête de figures : un joker fait ainsi face à une carte fusionnée « roi de trèfle – dame de cœur », visage à trois yeux au-dessus et cyclope en figure renversée. A un cinquième niveau,…
Dans tous les cas, Le château questionne sur la fragilité et la construction de l’être humain.

Les moules (2012) 13 février 2012

Papiers glanés
50 x 65 cm

Les danseurs et l’équilibriste (2012) 6 février 2012

Papiers glanés
40 x 55 cm

Issu d’un « difficile » travail sur le thème « dentelle », ce tableau en transparence contient finalement les éléments essentiels du rapport à cette matière : finesse de l’ouvrage, réseau expressif, intimité des corps… éléments que l’on retrouve à une toute autre échelle dans la danse (ici inconsciemment matérialisée).

Le Sablier (2011) 9 novembre 2011

Acajou

Pièce :
H : 13 cm
l : 11 cm
P :  7,5 cm

Pièce soclée :
H : 27 cm
l : 10 cm
P : 21 cm

Histoire de contenu et de contenant, d’espace et de temps… le sablier n’a souvent d’importance et d’existence que par le sable qu’il contient. J’ai donc voulu inverser les représentations de sorte que le contenu s’efface jusqu’à l’invisible au profit du contenant « opacifié » et montrer que, de fait, l’impalpable (lumière, son, vide…) s’écoule aussi. Par ailleurs tel un trou noir, ce sablier d’apparence molle, d’un côté, aspire et comprime l’énergie en un point focal pour de l’autre, la libérer, l’expulser, la faire jaillir.

Colère (2011) 7 novembre 2011

Bois

H : 100 cm
l :  25 cm
P :   40 cm

D’inspiration vaudou, ce fétiche biface symbolise la rétention des émotions, en particulier la colère. On trouve alors d’un côté un visage / masque de marbre imperturbable, de l’autre une gueule fermée, un visage coléreux noir. Les zébrures sont des marques de tronçonneuses.

Plurivers (2011) 7 novembre 2011

Chêne, acajou

H : 36 cm

l : 45 cm
P : 4 cm

Tentant une approche de la complexité et de l’interaction des univers, ce tableau se voit en deux parties. La partie concave se veut la représentation de la multiplicité des univers dans un plan ou un espace proche (ex. des systèmes solaires). Les stries du bois apportent une représentation en multicouches laissant ainsi la possibilité d’imaginer ces mêmes (ou d’autres) univers dans des espaces ou des temps parallèles. La partie convexe apporte quant à elle un énième univers, complémentaire et inconnu des précédents, atemporel… sous la forme d’une surface impactée dérivant dans un système, peut-être un grand vide, intégrant l’observateur lui-même et son environnement.

La chouette de Fukushima (2011) 7 novembre 2011

Bois

H : 31 cm
L :  8 cm
P : 19,5 cm

Pièce soclée :
H : 205 cm
l :  48 cm
P :  48 cm

Trouvée peu de temps après la catastrophe de Fukushima (11 mars), cette pièce de bois m’a d’abord frappé par ses reflets gris bleutés et ses formes dorsales de vagues qui me rappelaient les estampes japonaises d’Hokusai. La tournant en tous sens et nettoyant le nœud de la pièce, une tête de chouette apparut avec trois yeux : un œil bienveillant, l’autre terrifiant, le 3ème – celui de la clairvoyance – dégénéré. Cette pièce symbolise l’orgueil des hommes quant à leur domination de la nature et leur aveuglement quant aux risques nucléaires.

G(ir)olem (2010) 8 novembre 2010

Bois

H : 10,5 cm
Ø : 13 cm

Pièce soclée :
H : 31 cm
l : 15 cm
P : 15 cm

Première œuvre réalisée en « autonomie », cet assemblage fait référence au Giro (en italien « le tour »), à mon nom d’artiste ainsi qu’à la légende du Golem. Cette pièce représente le mouvement naissant. En la débarrassant des fragments de terre et de ces parties mortes, des failles sont apparues… comme chez tout être humain en fait…

De l’intérieur (2010) 1 novembre 2010

Acajou
Ø : 8 cm

Pièce soclée :

H : 26 cm
l : 20 cm
P : 20 cm

Cette œuvre de patience est ma première réalisation : sa forme n’est pas une boule parfaite… mais il fallut bien s’arrêter au risque qu’il n’en reste qu’une bille… alors c’était un nœud, d’aucuns diront que c’était un œuf, longtemps bloqué, sortit des entrailles d’entre le nombril et le sternum au environ du 3ème chakra. Reflet moiré.