Ton sexe cherche son sexe 22 décembre 2012

Ton sexe cherche son sexe
et son sexe ta bouche.
Tes mains saisissent ses hanches, sa poitrine.
Ses mains saisissent tes fesses, saisissent ton sexe.
Sa langue lèche ta poitrine,
Ton ventre cherche son dos et ta langue caresse son oreille.
Elle s’arque, tu te cambres.
Sa main tient ta main,
ta bouche tient sa bouche.

Et tu bouffes l’asphalte comme les étoiles. 21 décembre 2012

Et tu bouffes l’asphalte comme les étoiles.
Et le serpent aux mille yeux jaunes t’hypnotise.
Derrière toi, il déroule sa rouge queue en feux de Bengale.
Il ouvre sa gueule et t’avale.
Tu passes les totems et les têtes moaï blanches et rouges qui, sereines, te sourient de leurs sens aiguisés. Elles te connaissent, tu en as plein les poches. Parfois tu les caresses comme un talisman pour appeler la bonne fortune qui ne vient pas.
Tu avances et au fond des arches noires, tombent des gouttes sur ton front.
Après, tu traverses la mue comme un vitrail et du fond de tes yeux, jaillissent des soleils.

V : Quand l’exercice de danse consista à écouter le souffle du son 19 décembre 2012

Quand l’exercice de danse consista à écouter le souffle du son, il fallut d’abord appréhender les limites de sa propre cage, en découvrir les recoins. Alors devant, derrière, en dedans, tu sentis les os, le vide, l’espace… Compression, compression, compression, libération : tu inspires et t’envoles à l’intérieur et le corps s’anime.

Après, le souffle jaillit et devint son devant : sifflements, couinements, caquètements, stridulations… tous appelèrent ailleurs puis l’autre en myriade.

Devant le miroir, tu frappas des mains comme si les vibrations pouvaient en déformer la surface. D’autres s’ajoutèrent, te suivirent, changèrent d’univers, tu fus seul puis nombreux quand ils revinrent puis… Puis ils parlèrent de la cacophonie des mouvements : certains s’étaient manqués.

Finalement, l’écorce craqua, tes épaules, ton dos, ton cou, la glace aussi. Liserons, houblons, chèvrefeuilles… tous naquirent et voulurent le soleil en pleine nuit. Tu refermas fort les bras sur le vide, tu y pensas… il aurait fallu que tu n’y pensas plus… c’était peut-être juste l’Espagne et sa guitare au fond.

Sur le fil… 17 décembre 2012

Sur le fil de l’espoir, rêvassant, je déambule mains dans les poches.
Vide à gauche, vide à droite, il se peut que je tombe :
C’est alors que je me raccroche aux filles de mes idées.

Je tourne… autour,
Elle tourne… autour,
Nous tournions autour.
Nous glissions dans ses boucles brunes.
Et nos regards passaient du marron-vert au bleu et du bleu au marron-vert.
Elle caressait ma barbe en passant ses doigts sur sa bouche.
Elle engloutissait le monde de son rire léger et mon cœur avec.

Elle était feu à l’intérieur, feu follet,
grandiloquente, enjouée, bourrasque soudaine,
acier trempé, rideau rouge…
Pieds nus, elle ne pesait pas bien lourd dans mes bras.

La Loire comme mille éléphants. 12 décembre 2012

La Loire est grise et grosse comme mille éléphants.
Elle coule d’un pas lent et certain, imperturbable…
Sur les bords, nul cornac pour mener la dance, elle tourbillonne :
Ici, charriant les bois morts,
Là, broutant les berges herbeuses et brunes.
Lasses de l’hiver, toues et gabares enchaînées suivraient bien la caravane.
Sur un tronc, un couple de cormorans sèche ses ailes au vent glacé.
Au dessus, un héron marque d’un trait paisible l’horizon gris-bleu.

Il est noir, il est blanc 6 décembre 2012

Il est noir, il est blanc, genre métisse de la vingtième génération. Il a les yeux or pailletés d’orange. Il est haut sur pattes et il a les traits fins.

C’était jeudi dernier… Quand je l’ai rencontré, il dormait en boule (ou plutôt en vrac) sur le paillasson du hall de l’immeuble. Quand la lumière fut, nous fument tous deux surpris : je l’avais tiré du sommeil, lui de mes rêveries. Il avait peur… et plus encore la dalle. Je l’ai rassuré et je suis allé lui chercher quelque chose à becqueter là-haut.

Plus tard, après le cours, je l’ai fait monter en l’appelant doucement. Il est entré sans trop d’hésitation et à sa façon de fureter partout et de se frotter contre les meubles, j’ai compris qu’il se sentait bien et qu’il resterait là pour un bon moment. Bien sur, il avait ramené avec lui ses vers, ses puces, ses ronronnements et son affection. Alors, je me suis posé plein de questions : si j’étais prêt, est-ce que c’était le bon moment… Pour lui, c’était tout vu…

Bon, alors il faudra qu’il apprenne à aimer l’afrofunk des années 70, Quantic, Java, LINDIGO… la poésie et la sculpture. De mon côté, il faudra bien que je lui fasse un peu de place, que je m’occupe de lui… et puis on jouera aussi. Remarquez, il ronronne déjà quand je lui lis Paul Eluard et il se pelotonne sur mes cuisses quand j’écris…

Mais trêve de bavardages, voici les présentations : moi c’est JRo, lui c’est Bartok.

IV : Quand l’exercice de danse vint de la terre 4 décembre 2012

Quand l’exercice de danse consista à imaginer que le rythme vint de la terre, tes pieds,  comme le tonnerre, battirent le sol faisant lentement mais sûrement remonter les roches et les scories des profondeurs. Le sol roula tes muscles. Dans la steppe sans nom, les chevaux couraient en même temps que les loups et tu courais avec eux.

Arrivé près de la yourte, tu redevins homme ou quelque chose d’approchant. Tu les entendais toujours au dehors mais maintenant, à l’intérieur et à l’arrêt, tu aurais bu tout le lait de la terre.

L’instant suivant, tu battis à nouveau avec eux des arches, des ponts, des cités… Seulement, lorsqu’ils joignirent leurs mains au dessus d’eux, tu t’assis au milieu de leur foyer et tu te refermas doucement comme l’œuf sur le vide. Ils te protégèrent un instant puis, après l’hiver, leurs mains touchèrent et ton crâne et tes coudes comme pour t’accorder de renaître au temps du rêve.

Alors, vinrent les cercles, le C et le chameau qui portait en lui la calligraphie des oiseaux et transformait la langue des signes. Nul ne comprit les courbes ou les traits de l’histoire mais tous surent qu’un jour le sorcier-taureau les graverait à même le flanc de la roche rouge. S’en suivit que les deux cercles aux dimensions différentes se rejoignirent et que chacun, chaque point, put rencontrer l’autre en mouvement.

A la toute fin, tu sentis encore les sabots des chevaux courir sur ton dos.

Y croire comme en la poésie 2 décembre 2012

La nausée

La marée humaine est descendue.
J’ai attendu, je ne l’ai pas vue. J’ai suivi.
Pendant, j’y ai pensé.
Après, je suis remonté et puis je suis sorti.
La marée humaine est remontée aussi.
J’ai attendu, je ne l’ai pas vue.
J’avais la nausée : le mal de moi, l’absence de l’autre.
J’y avais cru comme en la poésie.

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Ça te sert à quoi ?

J’y crois comme en la poésie.
– Mais au fait, la poésie ça sert à quoi ?
– Y’a pas déjà la réalité pour ça ?
– La réalité, ça ne te suffit pas ?
– Pourquoi tu veux connaître l’autre ?
– Pourquoi tu t’intéresses à elle ?
– Qui tu es pour écrire des textes et des poèmes ?
– Qui tu es, toi, pour écrire des trucs comme ça ?
Qui suis-je ? je n’en sais trop rien, je n’en sais pas plus que toi…

****************
Alors je suis fou

Elle ne m’avait rien promis.
Et pourtant, elles m’avaient prévenu… et lui, aussi…
Mais je n’ai rien voulu écouter…
ou plutôt, j’ai voulu écouter mes émotions,
et disons aussi que, même si j’avais voulu, j’étais déjà parti… j’étais déjà là-bas.

Et comme j’y crois comme en la poésie,
il sera difficile de me faire lâcher et les mots et la sculpture et l’amour.
Alors même si son absence me tord le bide, je vais prendre mon élan, je vais sauter et quand je serai de l’autre côté, je vous ferai un sourire et un doigt d’honneur aussi.

Mais faudra bien que tu t’y fasses…
Non, je refuse, pas là, pas maintenant.
Je ne vais pas fermer les yeux, desserrer les poings, ni même la mâchoire.
Putain, j’vais pas mettre un masque pour respirer.

Je n’ai d’autre chemin 29 novembre 2012

Je n’ai d’autre chemin que celui qui me mène vers toi.
Alors qu’adviendra t-il quand nous nous serons croisés ?

Me prendras-tu la main ?
M’emmèneras-tu avec toi ?
Accepteras-tu qu’à mon tour je te prenne la main ?
Accepteras-tu que je t’emmène avec moi ?

Et si dans ces voyages, tu te brûlais les lèvres à la chaleur de mes mots ?
Et si dans ces voyages, je me brûlais les ailes à caresser ta peau ?

III : Quand l’exercice de danse consista à imaginer sa maison intérieure 28 novembre 2012

Quand l’exercice de danse consista à imaginer sa maison intérieure, tu te rappelas la mangrove sans jamais y avoir mis les pieds : les hauts palétuviers, racines aériennes, branches souterraines, terriers-nids aux structures tubulaires, solides et délicates, posées à même le sol. Le soleil y perçait et tous pouvaient y monter, les hommes comme les singes, les sages comme les fous, tous les hommes… Par la suite, vinrent s’ajouter des arcades élancées et des dômes de pierres blanches aux larges ouvertures par lesquelles tous pouvaient voir l’horizon et la nuit.

Quand l’exercice de danse consista à construire la cité, l’autre prit place dans l’espace à deux, trois, dix colonnes vivantes. Il te fallut alors te positionner puis te mouvoir, choisir une direction, une trajectoire, un sens… recommencer… en fait trouver la coïncidence d’avec l’autre.

Quand l’exercice de danse consista en l’aménagement de cette cité, les fondations et les univers s’amalgamèrent. Tous construisirent des ponts, des arches, des liens… chacun faisant partie du tout, le tout formant les parties, chacun pouvant se fondre puis se détacher comme il l’entendit.

A la fin, chacun retrouva son foyer emportant avec lui la vision éphémère de leur cité utopique.

Résolutions 26 novembre 2012

D’abord, elle s’était résolue à couper les fleurs fanées…
Lui, à voler celles du jardin d’un côté pour en faire un bouquet…

Ensuite, elle s’était résolue à goûter les fruits défendus,
tous les fruits défendus, quitte à les recracher…
Lui, à les cueillir et les préparer pour en savourer tout l’hiver,
même l’hiver d’à côté.

Plus tard, elle s’était résolue à ne rien garder, à tout partager :
l’amour, la poésie, l’enfance retrouvée…
Lui, à ne rien retenir, à tout laisser couler :
l’émotion, les mots, les larmes jusqu’aux larmes d’à côté.

Finalement, s’étant par hasard rencontrés dans la même rue, sous le même quartier,
il décida de l’inviter…
Elle, surtout, surtout, de ne pas le laisser filer…

Rex ex nihilo 23 novembre 2012

Au crépitement du tungstène sous le pas des antilopes, quand viendra le temps du roucou sous l’angle occipital, vous atteindrez la valeur asymptotique de l’impact corpusculaire. L’emprunte étoilée de ce premier pas vous ouvrira des espaces tangibles où vous prendrez conscience de l’autre versant : adret des nuits, ubac des jours…

Loin de vous enfoncer horizontalement au travers des champs pointilleux, vos carapaces d’ivoire et d’ébène deviendront sensibles et de vous inexplorées. Sans absence, ni obsession, vos sueurs étirables deviendront mordorés et vos ongles et vos visages chercheront la fuite autant que la prise au dessus de l’atoll moiré. Le capitole cèdera, les clés auront disparu. La matière n’aura plus cours et vos idées frelatées seront suspendues à la pure sensibilité au milieu des champs, au dessus des ruelles claires, profitant des nuages autant que des profondeurs de la terre et de l’enfance retrouvée.

Ce n’est qu’après l’aurore arborée que vous respirerez à nouveau, que les poissons rejailliront franchissant la limite de l’espace et du vide. Vous aurez creusé le miroir sans vous en rendre compte et attaquerez la troisième banquise en deçà de laquelle attendent les simorghs endormis. Vos masques d’albâtre ne serviront à rien, pas plus que vos grimages, vos boccio de terreur non plus. Suivez simplement l’odeur de votre instinct. Vous parlerez des chants inconnus et vous vous comprendrez. Nul ne dansera aussi librement que vous au travers l’améthyste et le désert des cantharides. Vos mains saisiront l’émotion à même la dérive : vous comprendrez que vous êtes le roi, la reine, le fou, ici, maintenant, ailleurs, l’essence du jour…

Les chiens bleus veillent et c’est tant mieux.

L’étrangeté me plaît 19 novembre 2012

Le premier soir où je la vis, elle portait une grosse écharpe de laine bariolée et avait noué à ses bottes de gros boutons jaunes et rouges. Elle faisait du violon au milieu des  keupons et si son pied ne battait pas la mesure, qui aurait pu dire qu’elle jouait vraiment ?…

Au premier matin, je la vis pratiquer la salutation au soleil. Mais comme elle n’avait ni dieu, ni maître, elle préférait appeler cela l’incantation à elle-même… Toute jeune déjà, elle mettait des papillons en papier dans ses cheveux pour aller en classe ou retournait son parapluie sous des trombes d’eau pour faire beugler sa vieille tante Louise… A un badaud croisé sur le chemin qui interrogeait ses parents sur le fait que « la petite ne portait pas de chaussures », son père avait répondu d’un ton las « Mon brave monsieur, je n’y peux rien, j’ai tout essayé… »…

Au deuxième soir, je la vis danser. Elle tournait sur elle-même et ses boucles d’oreille cuivrées s’accrochaient comme elles pouvaient… Elle portait des bas rouges, une robe violette ourlée de jaune… Au pied de son manteau, rangée sous la chaise, se trouvait son panier d’osier dans lequel elle fourrait toujours un ou deux livres (là, c’était Henry Miller et Gaston Bachelard), un paquet de bonbons, du papier en vrac, un stylo, une paire de baguettes japonaises dont elles se servaient pour tenir son chignon, un magnétophone, quelques cassettes et surtout pas de rouge à lèvres… sauf pour la fois où elle s’était mise en tête de taguer « Love Machine » sur une voiture de flics…

Au deuxième matin, je la découvris assise sur le bord du plan de travail. Fixée dans un rayon de soleil, les cheveux en paille, elle préparait un café, pliant les rebords du filtre comme elle préparait ses roulées. Son chaton « térébenthine » (parce que, m’avait-elle dit : « il est hautement inflammable ») grimpa sur ma jambe gauche. Elle le suivit du regard et me sourit. Elle portait mon caleçon, mon tee-shirt et mon gros pull bleu. Moi, j’étais nu et mal réveillé. Je décrochais le petit animal par la peau du coup. L’œil torve, je le regardais un instant se débattre d’indignation puis me tournais vers sa propriétaire toujours souriante. Je me rappelai alors ce qu’un gars rencontré au hasard m’avait dit au premier soir : « Eh basta ! fais comme tu veux va, mais je t’aurais prévenu, cette nana là, elle est barjo ». Reposant l’animal, je lui souris à mon tour et l’embrassait sur le front… L’étrangeté me plaît.

Cette nuit m’appartient 16 novembre 2012

Le noir… à moi !
Le brouillard… à moi !
La mer, ses remous, ses va-et-vient…à moi !
L’écume sur les rochers… à moi !
Les vagues qui claquent comme des talons aiguilles… à moi !
Le cri seul des mouettes… à moi !
Le blanc de leur plumage… à moi !
Le brillant de leurs yeux… encore à moi !
Les courbes du rempart… à moi !
L’arc blanc de la rampe… à moi !
Les dorés du granit… à moi !
L’ombre sur la nuit… à moi !
Le dernier feu… à moi ! à moi ! à moi !
Je l’arrache et avance.
Penché sur la nuit, je siffle dans l’infini obscur.
Bouillonne le fond des abysses.
Demain, c’est certain, le cri viendra.

Je vous laisse les cliquetis de vos bateaux-vaches, vos empreintes bétonnées et vos lumières bien rangées.

II : Et quand l’exercice de danse à imaginer un rayon de couleur 13 novembre 2012

Et quand l’exercice de danse consista à imaginer un rayon de couleur sur mon corps,
je choisis le rouge dans le vide entre le nombril et le plexus.

Quand l’exercice de danse consista à imaginer une autre couleur,
vint l’or fondu ruisselant.

Quand l’exercice de danse consista à imaginer le mélange des deux,
le volcan n’avait plus qu’à cracher.

Quand l’exercice de danse apporta la terre, le A et le taureau,
mes ongles grattèrent la lave dure et noircie.

Dans la nuit, je marche sur le quai. 8 novembre 2012

Dans la nuit, je marche sur le quai.
La mer est haute.
Au bout du quai, un pêcheur emmitouflé…

– Vous pêchez quoi là ?
– …Ho, des poissons plats…

– Vous avez pris beaucoup ?
– …Non, pas trop…

– Mais la mer est pas trop haute ?
– …Bo, elle est en train de redescendre là…

A ces côtés, je regarde la nuit puis m’en retourne de là où je venais.

Dans la nuit, je marche sur le quai.
La mer est basse.
Au bout du quai, le pêcheur emmitouflé…

– Vous avez pris ?
– …Non, pas trop…

– Mais la mer n’est pas trop basse là ?
– …Bo, elle est en train de remonter…

A ces côtés, je regarde la nuit puis m’en retourne de là où je venais…

Dans la nuit, désormais, je cours

Au sommet de la mastaba 2 novembre 2012

Au sommet de la mastaba,
perle la pluie sur les ailes des colombes.

Posé là, comme l’arme du vaincu,
un bouton de rose presse la vie de revenir.

A nos pieds, reposent les pensées silencieuses.

Je vois à quel poing ton absence m’était comptée…
et dépose un baiser sur ton front de pierre blanchi,
comme les nuages s’en vont…

– à mon frère –

Jalousie 31 octobre 2012

Je vous ai vus tous les deux, hier soir, au club…
Tu la prenais dans tes bras, une main autour du cou, l’autre sur la hanche.
Elle, elle se penchait sur ton épaule…
On voyait bien qu’il se passait quelque chose entre vous.

A un moment, tu fermais les yeux… et on sentait tous que, même avec tes gros doigts bourrus, tu touchais une corde sensible.

A l’entracte, quand vous attendiez, tu caressais sa peau ambrée, brillante…
Tu remontais le long d’une veine, redescendais de l’autre ; tu lui a même pincé les chevilles…

Tu sais, mon vieux, y’en a plus d’un qu’aurait aimé être à ta place, lâcher prise et sentir résonner son corps.
Discrètement, on était tous braqué sur vous… même les « Madames » reluquaient votre remue-ménage.
Ça crevait les yeux : on vous sentait bien tous les deux.

Tu sais, finalement, vous êtes des sacrés veinards, toi… et ta contrebasse.

Trou noir 17 octobre 2012

Ça tourne sur toi-même comme à la surface des sueurs chaudes.
Qui aspire l’autre ?
Le sphinx papillonnant sans réponse ?
ou l’œil du Cyclope au fond du miroir ?