La rumeur 12 mars 2013

11/03/2013

D’aucuns diront que je ne pense qu’à ça,
En fait, je ne pense qu’à elle.
C’est pas tout à fait pareil…
Même si y’a un peu de ça…

Elle boxe légère 9 mars 2013

09/03/13

Elle baise sauvage et m’emballe.
Elle me parle et danse souvent, pleure parfois.
Elle me sourit et chante.
Elle rit et m’embrasse aussi.
Elle exagère parfois mais ne crie pas.
Elle boxe en silence, légère sur ses appuis.

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Photo : JRo, affiche taguée de LILLY WOOD & THE PRICK, The Fight Tour, mars 2013.

9 mars 2013

09/03/2013

Souvent, entre le rose cerisier de sensibilité
et l’épineuse tension d’acacias,
je tremble et me berce d’émotions
comme si j’étais prêt à éclore.

9 mars 2013

08/03/13

Je me fais un chien d’encre.
Fidèle et patient,
il attend sur le seuil de ma tristesse
et ronge mes os de solitude.

La renarde 9 mars 2013

06/03/2013

Souvent la nuit, elle louvoie directement vers moi.
Elle se dérobe sous le poids de mon regard.
Ses babines retroussées laissent entrevoir ses désirs aiguisés.
Elle court et chasse mes peurs sur les landes étoilées
et jusqu’à l’aube, elle creuse et griffonne à même mon cœur découvert.

Alcool sauvage 5 mars 2013

Certains hommes font l’amour comme les femmes.
Ce n’est pas qu’ils soient travestis,
ils sont bien mâles en tout point,
simplement leur sensibilité est leur alcool sauvage.

Motif d’espérance N°34 5 mars 2013

03/03/2013

Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je…
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je ton…
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je un regard ?
Quand croiserai-je TON REGARD ?

Les chiens du silence 3 mars 2013

02/03/2013

Je te mentirai si je te disais que je ne t’attendais pas.
Je continue vers toi par un chemin plus lointain
et notre croisement amoureux,
quand les chiens du silence auront cessé d’aboyer.

Il était elle 3 mars 2013

02/03/2013

Elle était plutôt maigre et portait un perfecto visiblement trop grand pour ses épaules.

Elle marchait d’un pas inquiet et fumait son clope nerveusement comme si elle avait eu froid aux yeux.

Elle portait aussi une perruque noir coupée au carré comme les filles du Crazy Horse… ceint d’une cordelière trop blanche, rouge à lèvre appuyé et fard à paupière bleu.

Il était elle. Qui étaient-ils ainsi réunis ?

Des baisers se donnent sur un vinyl 1 mars 2013

Chaque jour, Pablo dévore des yeux la sphinx. Elle ne répond pas car, historiquement, c’est elle qui pose les questions.

Une tête Moaï amourachée offre une fleur d’artichaut à la voix d’un carillon lointain.

Un singe réfléchit aux battements du cœur qu’il tient entre les mains, un cœur étranger, peut-être le sien.

Une statue prend froid à attendre.

Une vache se maquille.

Une chouette te regarde poing levé.

Des marionnettes pieds nus dansent comme des enfants sur un bouquet de moules.

Pierre regarde Marzella en vert.

Un chapeau, enturbanné d’une clochette, crache de la musique.

Le château de cartes, lui, ne dit pas non mais reste imperturbable.

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Photo : JRo, appartement.

Je franchis la rivière (combattant du Siam) 27 février 2013

Je franchis la rivière et le rejoignis.
Il pêche l’arc-en-ciel.
La rivière avait creusé son lit.
L’eau douce s’en retirait vers la mer, lui aussi s’en irait bientôt.
De la source, l’eau salée, encore frissonnante du mascaret descendant, s’écoulait.
J’attrapai un poisson noir ruisselant, bête obscure et exotique, dont les nageoires en longues toiles me pendaient par-dessus la main.

Je sens bien que le trident est trop loin enfoncé et coupe le fil transparent.

Je te dois la vérité 24 février 2013

Longtemps, chimériquement, je t’ai crue déesse : tu étais double et je t’avais confondue, fusionnée… Je vous voyais tout à la fois croisées et parallèles : c’était incompréhensible et intenable… comme si je vous courais après mais devant… C’en était même parfois douloureux car comment de ci-gît, aurais-je pu vous rejoindre si haut ?

Alors, maintenant que j’ai bien écouté, je sais que tu es singulière, moitié moins mais… deux fois plus encore : demi-déesse…

Je sais aussi que je suis en marche et comme chacun de mes poèmes est une plume à mes ailes bricolées, j’abandonne l’armature et me permets même de laisser s’envoler emmêlés, les mots et les baisers… Je sais qu’en suivant simplement le vent, ils t’arriveront. Sans gêne aussi, je pourrais te prendre dans mes bras. Désormais donc, je laisse filer les parallèles loin devant et poursuis mes chemins de traverse espérant pour bientôt notre croisement de coïncidence.

XII : Quand l’exercice de danse consista à se laisser guider par ses mains 22 février 2013

18/02/13

Tu suivis le faisceau de ton cœur à tes mains. Tu décrivis les nervures de ton ventre à tes pieds. Tu décrivis aussi l’empreinte de ta main sur ta jambe. Tu aspiras le sol de ta paume et exploras le sol autour. Tes mains t’agrippèrent et elles grimpèrent sur toi deux fois comme si tu étais ton propre arbre. Tu montas jusqu’au sommet de ton crâne puis redescendis. Après, tous explorèrent l’autour de soi et parfois grimpèrent sur l’autre.

Ensuite, tu pris contact avec l’autre par l’extrémité de ses doigts que tu relias par des arches.

Après, tu jouas avec l’énergie dans tes mains tel un serpentin, une boule, un fluide pâteux, quelque chose que tu pouvais malaxer, transvaser, comme un cœur.

Avec l’autre, tu fis une sculpture d’avec tes mains. Tu les joignis à l’autre et ainsi vous créâtes la forme du vide. Mains jointes, tu prias le mouvement avec l’autre.

Bien après, tes mains imposèrent des mouvements à tes articulations puis devinrent des nuées d’oiseaux, vifs, agiles.

Après, tu pris les postures de la vie quotidienne. Alors, tu supportas ta tête qui chancela et fit des rondes. Puis ton diaphragme prit le roulement des vagues intérieures.

Enfin, l’énergie contenue sortait. Au son du didgeridoo, tu allais et venais, plus vite autour, tu sautais, entrais… plus vite. Tu tournais autour des autres plus posées, plus lentes. Tu ne parvenais pas à les attendre. Tu aurais voulu les animer, plus vite, ça déferlait…

Quand il fallut s’arrêter, tu compris que tu ne respirais plus, que tes mains t’avaient emmené là où tu aimais. Il te fallut revenir et respirer l’air à nouveau.

Suite ouessantine 2 21 février 2013

17/02/13

Ouessant IV
Je suis les sentes herbeuses qui serpentent dans les landes et me souviens de ce qui n’a pas eu lieu hier…

Tout est gerbe

Tout est gerbe :
Ecume contre rochers,
Herbe contre terre,
Et le vent dans mes poumons.

Maman Ouessane

Volontairement, je me suis laissé tomber contre tes seins verts.
J’ai couru et dansé contre ton flanc en suivant tes galops d’écume et de vents.
J’ai caressé tes roches blanches granuleuses.
J’ai crié tout ce que j’ai pu et mes cris se sont envolés en fragments.
Ma main resta contre toi un instant rugueux.
J’ai traversé tes sourires ruisselants.
Sauvagement, tu m’accueillais dans tes bras bleus.

Sieste II

Allongé dos contre terre,
Enfoncé dans ma capuche sans d’autres souvenirs que l’instant bleu…
Mains dans les poches, au chaud à l’intérieur, noir,
Je ferme les yeux pour voir les soleils rouges.

Faubourgs

Je ne sais que suivre
du ballet des goélands, cerfs-volants gris sur fond d’azur,
ou de la danse des craves, becs et pattes rouges, qui font le tapin plus au nord
et embarquent le chaland de leur cri rocailleux…
ou peut-être la nuit, les lumières du Nividic.

Suite dite « ouessantine » 21 février 2013

16/02/2013

Ouessant I (à Pascal)

Tu t’embarques dans le vrombissement des moteurs qui font vibrer ton bas ventre. Tu t’embarques dans une odeur de gasoil. Tu regardes les gestes mille fois répétés d’un marin qui lance et remonte à bras le corps une corde épaisse, verte et rose, plus grosse que ton poignet. Tu as vu à son oreille les quatre diamants-étoiles… Il dit à son capitaine : « c’est clair à l’arrière… ». Ouais… c’est plutôt clair à l’arrière. Tu regardes s’éloigner le continent et la courbe du sillon blanc à écume qui s’étend… tangage doux, yeux mi-clos et sourire solaire.

Ouessant II dit « belle gueule »

Ta barbe verte et pourpre
et tes yeux caillouteux,
pupilles orange, émeraude.

Sieste I

Sieste dans les verts herbus,
Dans un creux, au soleil,
En dessous du vent.
Je ferme les yeux doucement…
Pour voir la beauté tout autour et devant.