Chroniques sénégalaises, 4/11.

Dimanche 7 janvier

Le petit déjeuner est pris dans un restaurant au coin de la rue. Dans la matinée, Leyti et Youssoupha nous ont rejoints. Paige me montre le matériel. À midi, la troupe n’est toujours pas complète. Un tel n’est pas encore là ? Ce n’est pas un problème. Il arrivera tout à l’heure, peut-être dans deux heures, plus probablement demain. Du toit-terrasse, nous voyons le minaret de la mosquée voisine. Au Sénégal, quatre vingt quinze pourcent de la population est de confession musulmane. Chaque quartier a sa mosquée. Ngaparou semble encore en construction. Avec la crise, les investisseurs sont partis. Les projets immobiliers sont à l’abandon. Les maisons à vendre et terrains en friche sont nombreux. Des cottages avec piscine côtoient des petits immeubles et des maisons familiales où picorent quelques poules.

Les déchets sont partout. Pour passer le temps, nous allons nous baigner. En fin d’après-midi, nous allons ravitailler à la boutique de la station essence : une bonbonne d’eau, un paquet de gâteaux et deux boîtes de salades de fruits. Sur les grands axes, le balai des camions est incessant. 4×4 et voitures importées doublent les carrioles tractées par des chevaux ou les voitures abandonnées sur le bas côté. Les garages sont souvent à ciel ouvert. Les réparations se font à même la route.
Aperçus hier au dessus de la criée, des aigles littoraux sont perchés sur le mur de la propriété mitoyenne.

De gros moineaux, semblables à nos rouges-gorges, glanent les miettes de pains sous la table. Un couple de tourterelles au col rosé a élu domicile dans la frondaison colorée des arbustes de la villa.
Leyti et Youssoupha sont repartis. Vers vingt heures, nous allons au restaurant que l’on nous a conseillé. Après quelques recherches, nous toquons à une grande porte en fer. Au menu : tomates, salade et poulet-frites. Samba, Carlos et Paige entament leurs repas de bon cœur. J’attaque mon assiette avec enthousiasme. Les recommandations de ma cousine sur les crudités m’effleurent l’esprit. À la fin, voyant la salade et les tomates restées dans les assiettes de Carlos et Page, le doute me prend : advienne que pourra.
Le soir venu, nous allons à la rencontre d’Alioune et Moussa. Accompagnés de Babacar, ils sont à pied. Ils portent leurs nattes et des bidons thermos. Au bord de la route, un frère Mouride agite une grande calebasse emplie de monnaie. Il collecte des fonds pour les pèlerins et les célébrations. Cette confrérie est la plus répandue au Sénégal. Ses membres sont très pieux et très généreux. Youssoupha fait partie d’une autre confrérie où l’ordre des prières n’est pas imposé, où l’importance des saints n’est pas la même.
PapeSidi, Daba, Ndeye et Fatou arrivent à la tombée de la nuit. Diol arrivera plus tard encore. Robe chatoyante, longs cheveux et port altier, Ndeye traverse le salon. Lasse de la journée, elle s’affale sur une natte et jette sa perruque. Les paroles de Samba me reviennent. Je souris de m’être fait prendre.

 

Texte et photos : ©JRo.

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