Les gargouilles. 11 octobre 2017

13/09/17

De nos fontaines incestueuses, l’eau coule de bouche en bouche, arc en ciel sans pitié.
Le sol était griffé de nos voyages.
De simples respirateurs, voilà ce que nous étions devenus :
Bons à célébrer, à sacrifier
Tendant à qui voulaient nos désirs et nos vices colorées.
Excantations, bacchantes, source de feux.
Statues grecques entourées de lions et de sexe à paillettes :
Hideuses beautés
Nous grattions la croûte de notre désespoir abandonné à l’imagination.
Rien ne fût réveillé si ce n’est notre différence sensuelle et attirante.
Cracher la vie, dégueuler la couleur.
Tombés des bras d’une piéta, nos jours devenaient moins sensibles mais plus beaux.
Après tout, des sourires et des accolades, il en a eu.

 

à Fernado BELFIORE.

De la fébrilité d’un lapin. 9 octobre 2017

13/09/17

La fébrilité d’un lapin qui se prostitue, cherchant tendresse sur ses jambes de flamands roses.
Il s’en dépèce de sa fourrure trop lourde et s’en retourne dans son terrier halogéné.
Pool Dance.
Le voyeurisme est affaire de mauvais goût et la tentation de sidération est grande.
Borderline, il joue avec un couteau, épluche une première carotte puis une seconde qu’il déchire en morceaux comme une lettre dont les mots auraient sonné l’hallali.
Allez continue ton show bunny.
Il monte au premier, enlève son masque et découvre sa monstruosité qui crie « I love You ».

à ODM.

 

 

La campagne. 19 septembre 2017

28/08/17

Une demi-lune,
Deux hirondelles,
Un village,
Une demi-lune,
Un chat à la queue coupée.

Crissement des gravillons sous un pas étouffé de chaleur.
Noisettes.
Les limaces ne sont pas encore sorties.

Une déesse n’a pas besoin d’élection. 13 septembre 2017

20/08/17

Je n’entends plus que d’un œil
Et ne vois plus que par la langue.
Je suis perdu dans ses jardins affamés
Quoique son sourire se suffise à lui-même.
Ces courbes écorchées vivent comme les racines d’un arbre au creux d’un visage.
Insectes punaisés,
Nos baisers sont des escargots empêchés.
Sa natte fait de l’ombre au soleil.
Sa démarche chaloupée me glisse entre les doigts.
Mon intuition mettrait des perles sur sa nudité.

Réveillez l’Homme. 9 septembre 2017

10/08/17

Racines-serpents, Feuilles-chauves-souris,
Fleurs-oiseaux, Fougères-insectes,
Ébruitez la nature !
Sortez l’Homme de sa torpeur destructrice, de sa soif d’or et de pouvoir.
Qu’il cesse de marcher dans sa propre ombre.
Faites-lui goûter les couleurs, boire les saveurs de la vie.

Extrait d’une lettre à AB. 3 septembre 2017

13/08/17

Après tout, le ciel n’est-il pas une mer inversée ? Je n’ai qu’à lever le nez plus haut que l’horizon et je vois l’immensité. Les nuages sont l’écume du vent et dépassent le surplace, bruyant et incessant, des vagues. Ils offrent au voyageur immobile que je suis les plaisirs du passage paisible de la caravane et des rêves éveillés de leurs bestiaires chimériques.

Changer les choses. 23 août 2017

20/07/17

Il m’est arrivé de croire que je pouvais changer les choses directement. Je le fais encore mais je vois bien que ce n’est pas suffisant, inaudible. Il ne me reste que mon écriture et mon art, fragmentaires, poétiques, parfois incompréhensibles par trop de sensibilité mais qui permettront, je l’espère, aux générations futures un questionnement et par là, une révolution humaniste.

Côte côte 20 août 2017

17/07/17

Parure,
Écriture,
Trompe-l’œil.
Moi et mon oubli, côte côte
Et malgré tout, l’amour d’elle.
Entendons-nous bien
Au-delà des apparences.

Une chouette ivre corrobore l’hypothèse d’une femme fractale. 13 août 2017

29/06/17

Elle n’est pas encore éclose d’elle-même.
Ah le beau discours, la belle théorie…
Pourtant, ce jour est pour bientôt :
Ses yeux cendres deviendront langues de volcan ;
Son bidon tanguera, roulera lune et soleil,
Il enclora la lumière comme une serrure ;
Et ses mollets de coquelet sacrifieront la distance à tous les cœurs.
Qui osera assurer sa prise,
Celui-là deviendra Dieu puis Néant
Laissant là s’irradier l’aurore dakari, trait noir à la traîne d’argent.
Bientôt donc, elle jettera l’ancre d’elle-même
Et tu te retrouveras éclairer des seuls bateaux-moches,
Vide de son sourire.
Un homme te voudra vendre du rosé ou de la bière.
Tu tourneras ta langue pour remonter le mécanisme du temps garenne comme un beau souvenir.

 

à S. THIAM.