Les mineurs de forme #15. 12 mars 2016

Faire des vagues.
Les mineurs de forme #15
24/02/16

Le poumon-bouchon flotte sur la vague, monte et descend juste au dessus de l’eau, suivant son mouvement.
Nos corps baignent : l’eau monte jusqu’à nos cous, nos têtes ondulent sur la ligne de flottaison.
Sur un tapis rouge, je porte sa tête et constate l’élégance du corps, la fragilité du cou.
Une tête qui ne réfléchit plus mais qui fléchit… rêve et imagination, tout est là entre mes mains. La fragilité d’une tête au bout, tout aussi timide, par où tout transite, c’est un cadeau à déposer avec délicatesse.
Face à moi, une tête qui sourit.
La seconde tête ondule parfois comme une danseuse. Je ne sais pas comment dansent les andalouses mais cela doit être comme cela. Je reste émerveillé autant par la fluidité du mouvement que par le geste fort d’une position ancrée.
J’ai dû garder l’eau en moi : le tourbillon est dansé. Il occupe peu d’espace : je ne veux pas courir pour me brûler les poumons. À canaliser les forces, je tremble.
Je ne regarde pas le miroir, je ferme les yeux.

Les mineurs de forme #14. 29 février 2016

La danse fait sauter les lignes.
Les mineurs de forme #14
04/02/16

Le sabot glisse sur le sable. La voûte du pied tantôt racle le sol, tantôt se laisse aller en saccades de trois trilles.
Le long des bandes du corridor, les hanches serpentent.
Puis s’ouvre l’échiquier à douze cases, aux banderilles jaune et orange.
À leur rencontre, le corps se balance, ondule devant, derrière, de côté.
Au croisement des lignes, des chaises comme des tours, les rencontres s’échappent, nous ne sommes pas prêts.
Balancements au sol : préparations aux tours et détours.
Appui, arc de bras et de jambes : l’obstacle n’en est plus un.
L’étrangeté d’une chaise qui a disparu…
La danse fait sauter le plan des lignes, plan qui devient dimension et puis qui disparait dans un lien attachant, une boule condensée.

Stage portraits croisés : écritures automatiques I, II et III. 27 février 2016

Bi-portraits : écriture automatique I.
20/02/16

L’ailleurs est ici : je n’en sais pas plus que toi. La caméra est le regard du miroir. Vers le centre, n’y reviens pas. Chien perdu met son manteau gris, absence et voyage, retourne vers le centre. Caractère à cheveux longs, je ne sais pas d’où je suis. Un métier du regard qui a – ou n’a pas – la couleur pour entendre le bruit de la pluie.

à C-L. P.

Bi-portraits : écriture automatique II.
21/02/16

Les rencontres partent et reviennent : chacun son chemin, son allée. Par l’expérience attendue de la danse : je mange trop. L’autre est moi. La caméra ne s’est pas encore montrée : l’appareil photo, oui. La marche s’entend même en silence. Chacun son univers de silence intérieur. L’hétérotopie s’installe comme un fragment d’heure dans un lieu dédié – paysage qui est l’un, qui est là quand les danseurs entrent. J’ai perdu le sens dans la musique pour lui montrer les questions. Je vais vers l’éloignement, je le sais : je ne veux pas.

Bi-portraits : écriture automatique III.
21/02/16

La vitesse est à l’intérieur. L’espace traversée est invisible mais serein, noir et oblique. Tout est rassurant : la vitesse suit, portée par la masse. Rien n’attend plus. Huit points cardinaux avec espace sur parquet et arrêt continu. Encrage comme stolon, porté, transfert. Je ne suis plus un animal. Il y a des choses qui se passent dans l’attente d’un soleil comme un printemps, des détails.

à Mickaël PHELIPPEAU.

Stage portraits croisés avec Mickaël PHELIPPEAU. 23 février 2016

20 et 21/02/16


Comment aborder la question du portrait à travers la danse ? à travers la photographie ?
Il n’y a pas de limite d’âge, tout le monde peut participer, seule la curiosité importe.

http://www.bi-portrait.net/fr

Notice succincte :
1. Échanger 5 questions-réponses avec votre binôme (tiré au hasard).
2. Danser le portrait du binôme.
3. Choisir à 2 un lieu à la croisée d’un angle.
4. Échanger vos vêtements préférés.
5. Se faire tirer le portrait par l’artiste.
6. Choisir sa musique préférée et danser son autoportrait.

Entrecouper le tout avec des échauffements, de l’écriture automatique, de la joie et de la bonne humeur…
Et voilà, vous avez passé un excellent stage…

 

Les mineurs de forme #13. 17 février 2016

Du silence de la plume sauvage.
Les mineurs de forme #13
28/01/16

D’un trait de plumeau, la tension descend jusqu’aux pieds.
D’un coup de pinceau, on époussette les muscles et on regarnit la collerette :
Douceur, relâchement, frissons…
Un bain de plumes de couleurs :
Jaillissement, brassage, mélange…
Recroquevillement :
Le moindre mouvement entraîne la plume loin du nid de la respiration.

Les mineurs de forme #12 11 février 2016

Reprendre le tout et observer l’effet.
Les mineurs de forme #12
21/01/16

Le rythme revient comme la pluie.
Des tissus souples de couleurs comme des tendons.
Torsions, levées, rotations…
Grands oiseaux, petits tourbillons…
Chevilles reliées aux poignets, nous suivons ces lignes neuves d’extensions en créant seul puis à deux.
Suivre puis délier la corde souple pour un corps spirale, rond, vibrant.

Les mineurs de forme #11. 30 janvier 2016

Ni à la criée, ni à l’encan.
Les mineurs de forme #11.
14/01/16

Les danseurs pétrissent l’argile dormante.
Leur dissymétrie est flagrante, les mouvements inertes du pantin de terre aussi.
Au ras du sol, il nait et des profondeurs, se réveille.
Debout la boue !
Articulations et jaillissements…
Germe la terre…
C’est le bal du printemps qui se prépare en hiver.

Les mineurs de forme #10. 24 janvier 2016

Chaque chemin est unique.
Les mineurs de forme #10
07/01/16

Masser puis à son tour, se laisser masser : les épaules, les bras jusqu’aux doigts, les jambes jusqu’aux pieds. Reconnais-tu le danseur à ses gestes : ceux qui hésitent puis s’engagent ou bien ceux qui s’engagent à petits pas telle une souris bleue. Masser les paumes des mains, la voûte des pieds comme une offrande.
De cet ancrage, se réveiller et trouver les voies de l’espace : corps explorateur, chercheur, découvreur.
Veiller à la souplesse.
Danser et regarder le mouvement des autres chercheurs.
Faire grappe, comme un corps unique et composé, puis se disperser en satellite pour prendre un bain d’espace : de cet espace devant nos yeux.

Les mineurs de forme #9. 18 janvier 2016

Le cœur blanc de la danse.
Les mineurs de forme #9
17/12/15

Retracer les courbes du sol avec les doigts, les articulations (coudes, épaules, genoux), la pointe des pieds.
Tracer sur le corps de l’autre, le suivre, courir après pour le marquer au cœur blanc de la danse.
Lui bouger les épaules, les hanches, en avant, en arrière, lui secouer le bassin.
Rechercher une ligne de partage, basculer en avant puis « remonter à la surface ».
Chercher les dimensions, les plans ; avant, arrière, côtés, haut et bas : rebondir et jaillir.
Écarter les jambes et les genoux sur une ligne. Monter le genou comme tenu par un fil, trouver les complémentarités des membres.

Les mineurs de forme #8. 12 janvier 2016

Chaque fois, le corps bascule.
Les mineurs de forme #8
03/12/15

Le minotaure marche sur des œufs et son picador le soigne.
La fontaine rejaillit de sur ses épaules comme un petit singe.
Le sommeil le balance d’un côté puis de l’autre, d’avant en arrière.
Il faut se laisser tomber puis se rattraper.
Sa tête bascule d’un côté comme un pont.
Une chaise l’attend, qui lui servira l’exercice dessus : il les voit s’offrir et s’éteindre sans étoile.
Un regard au dessus cherche le détail.
Le bras part, le corps suit : le regard dans une direction, le corps dans une autre.
Revenir à son équilibre.
Il les voit dans son miroir ces corps agigués* : ils tourbillonnent ensemble.
La tête tend l’oreille et bascule,
Le torse bombe, le corps tombe et se rattrape dans une vrille,
Que le menton s’avance, que le dos s’arrondisse,
Que la hanche avance, que les chevilles ploient…
Chaque fois, le corps bascule, et tombe et se rattrape dans une vrille.

*néologisme : comme animé par la gigue.

Les mineurs de forme #7. 11 décembre 2015

Les stolons de l’espèce.
Les mineurs de forme #7
19/11/15

S’imaginer pressé à des points particuliers : chevilles, haut des genoux, hanches, basses côtes, épaules, menton et front…
S’imaginer enterré juste sous la surface.
Renaître au printemps.
Se défaire de l’oppression et sentir la pression.
Renaître à un, deux ou trois en grappe comme des bancs de poissons ou des nuées d’oiseaux.
Trouver la force émergente.
S’agglutiner et rouler autour.
Du sol, le corps ancré s’étire et s’envole.

Les mineurs de forme #6. 5 décembre 2015

L’amalgame.
Les mineurs de forme #6
12/11/15

Pétrir la matière du corps pour l’oublier.
Il palpe silencieusement son visage,
Accentue méticuleusement telles pointes du coude ou du doigt…
Modèle encore patiemment telles rotondités.
Il creuse telles aspérités, lisse telles autres.
Il n’est plus ici.
Nous nous laissons glisser.
En nous, le sculpteur lie et le danseur délie.
Ils n’arrivent pas à se séparer, ni à séparer le corps levé de la matière dansée.

Les mineurs de forme #5. 29 novembre 2015

Naître de la sculpture de soi
Les mineurs de forme #5
05/11/15

Une folie organisée certes mais sur la ligne, au fil des rencontres.
Naître de la sculpture de soi pour prendre formes et mouvements.
Il se trame des chrysalides de fer dont chacun devra se défaire.
Comme une huître archère, la rondeur de la boule ne fait plus qu’un avec la pointe de flèche.
La naissance du mouvement à deux puis quatre comme une décomposition de l’image au cinématographe.

Les mineurs de forme #4. 21 novembre 2015

Nos états de corps.
Les mineurs de forme #4.
15/10/15

Sais-tu comme nous sommes heureux quand nous dansons ?
Nos os irradient la nuit.
Soulevés d’air, de ballons, de bulles de savon,
Nos corps s’articulent, se balancent et jouissent de l’espace.
C’est on ne peut plus simple… nous ne faisons que suivre nos états de corps : offensifs, attentifs, harmonieux…

Les mineurs de forme #3. 15 novembre 2015

Tirer les fils.
Les mineurs de forme #3.
01/10/15

Faire bouger la cage au-dessus de son socle, en avant, en arrière.
Marcher par les hanches, guidées ou non.
Tirer les fils, non pour qu’ils cèdent mais pour qu’ils nous portent.

Les mineurs de formes #2. 9 novembre 2015

Les ponts.
Les mineurs de forme #2.
24/09/15

Comme des orages inversés, adoucis par la couleur,
Nous étions semblables à des ponts tantôt mobiles, tantôt arqués,
Faisant oui-oui ou non-non avec nos têtes.

Les danseurs sont des mineurs de forme. 29 octobre 2015

29/10/15

« Les mineurs de forme » est le titre de mon 3ème recueil d’expériences de danse réalisées dans le cadre des cours « Danse bien-être » de Magali BLANC à la MJC du Plateau.
Sous forme de simples notes, de réflexions ou de courts récits, les articles s’égraineront tous les 8 à 10 jours tout au long de l’année 2015-2016. Le premier de ces articles paraîtra le 1er novembre.
Espérant votre venue sur ce chemin de danse, je vous souhaite une agréable lecture.
JRo.
Déjà en ligne :
– « Quand l’exercice de danse » (2012-2013),
– « Mémoire des corps » (2014-2015).

Mémoire des corps #25 28 juin 2015

Douze points cardinaux.
Mémoire des corps #25
11/06/15

Faire bouger nos douze points cardinaux.
Quatre d’entre eux animent le tronc.
Masser et laisser se reposer pour voir.
Pour voir la différence et faire la différence.
Danser pour retrouver ces points et aller jusqu’à l’extrémité de nos rayons.
Retrouver l’arythmie, le lyrisme, le saut.

Mémoire des corps #24 20 juin 2015

L’ancrage est posé.
Mémoire des corps #24
04/06/15

Respirer à plat dos puis sur nos quatre pattes d’humains.
L’air tourbillonne dans nos décors intérieurs.
La danse nait, paisible.
L’ancrage est posé sur nos îles de mouvements.
Dansons pour nous maintenant.