« L’invité de la matinale » est en ligne. 4 août 2018

04/08/18

« L’invité de la matinale », court-métrage réalisé du 6 au 8 juillet dans le cadre du KinoKabaret de ChatoKino (53) sur le thème « À poil, les plumes », est [en ligne] : https://vimeo.com/283184762

Avec : Bernard MAGNET

Réalisation : Jérôme RAGOT
Technique : Jérôme BESNIER (ChatoKino).

Un grand merci à ChatoKino et à tous les kinoïtes présents.
Esprit Kino : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant ! »

Il y a des mots. 30 juillet 2018

29/06/18

Il y a des mots que je ne peux plus dire, qui sont devenus inutiles.
Ce n’est pas qu’ils n’ont plus de sens mais ils ne peuvent plus être reçus.
Le récepteur n’en a plus ni envie, ni besoin. Il en est saturé ou peut-être en a-t-il peur.
Peut-être aussi ne peut-il simplement pas me répondre ou pire encore, peut-être n’y a t-il plus de récepteur.

Mes contemporains. 24 juillet 2018

27/05/18

Mes contemporains sont des caverneux individualistes.
Ils n’aiment rien moins tant que leurs tristes habitats, leurs sombres habitudes.
Loin de toute poésie, ils s’évertuent à partager leurs reflets, leurs borborygmes et se font aimer en retour. Chacun vote pour soi et certains même se font élire sûrs qu’ils sont de leur préséance, de leur tyrannie.
Ils ingurgitent plus de délices numériques que de nourritures terrestres et se tatouent à tout va symboles et totems pour se réancrer dans un monde qu’ils croient nouveau mais qui simplement leur a été volé.
Heureusement, il arrive parfois qu’ils viennent à me contredire.

Atelier d’été : SPATIAL DRAMATURGY. 21 juillet 2018

SPATIAL DRAMATURGY
THREE-DIMENSIONAL AWARENESS

Atelier d’été
à l’École Internationale de Théâtre Jacques LECOQ (Paris)
du 23 au 27 juillet
avec Carlos García Estévez
assisté de Paige Allerton, Paulo Serantes et Olmo Hidalgo.

Plus d’infos :
http://www.manifestopoetico.com/spatialdramaturgy

ChatoKino 2018 : « À poil, les plumes ». 10 juillet 2018

10/07/18

Le KinoKabaret 2018 de ChatoKino a eu lieu le week-end dernier, du 6 au 8 juillet. Le thème proposé (à suivre ou pas) était « À poil, les plumes ».

L’esprit Kino, c’est d’abord et toujours trois jours pour écrire, jouer, filmer, monter des court-métrages et des films d’animation (7 minutes maximum) puis les diffuser. C’est aussi parler cinéma (ou radio) et bien manger…
La devise : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant ! »

Un grand merci au GaRage qui nous a accueillis, au théâtre le Rex pour la projection, aux bénévoles de ChatoKino et à tous les kinoïtes présents (de Château-Gontier, Tours, Rennes, Paris… et même de Belgique !)  pour leur bonne humeur et les échanges et partages.

Crédit photo : ©JRo, in « KinoKabaret 2018 de ChatoKino » (Château-Gontier, 53), du 6 au 8 juillet 2018.

Chroniques sénégalaises, 11/11. 25 mai 2018

Je tiens à remercier chaleureusement :
– Carlos GARCÍA ESTÉVEZ et Paige ALLERTON de la Cie Manifesto Poético pour leur amitié et mon intégration au projet « Hann : voices of a bay »,
– Les membres et acteurs de la Cie Kaddu Yaraax de Dakar (Alioune, Babacar, Daba, Diol, Leity, Moussa, Ndeye, PapeSidi, Youssoupha et tout particulièrement Samba et Fatou) pour leur accueil, nos échanges, la découverte du théâtre-forum et le partage de la culture sénégalaise.

Dimanche 14 janvier

 

Photos : ©Manifesto Poético & ©Kaddu Yarrax

Chroniques sénégalaises, 10/11. 18 mai 2018

Samedi 13 janvier

La journée est consacrée au peaufinage des tableaux. Les acteurs enchaînent deux filages et la générale.

Comme convenu, la jeune femme de la compagnie locale est revenue nous voir accompagnée d’un autre jeune homme. Grâce à la lettre de Samba, nous avons reçu les accords du maire et du chef de quartier pour l’autorisation d’utiliser l’espace publique en vue de la représentation. Le travail terminé, tout le monde s’éparpille. Les masques restent à terre. Affalés sur les tapis ou les coussins, les acteurs consultent leurs portables. En fin d’après-midi, je prépare mon départ. Je rassemble mes affaires et retrouve une grande enveloppe kraft. Coupée en deux et refermée par le ruban adhésif de la trousse de secours, elle me servira pour mes deux lettres. Je glisse à l’intérieur quelques pétales colorés arrachés aux arbustes de la villa. Carlos se chargera de les déposer au bureau de poste. Dans l’attente du repas, Diol fait le récit de deux histoires unissant la France et le Sénégal. La première concerne le « massacre de Thiaroye » du nom de cette garnison militaire de la banlieue de Dakar. Été 1944, les premiers prisonniers de guerre sont libérés. Parmi eux, les soldats de l’Afrique Occidentale Française sont démobilisés. Récemment rapatriés, mille deux cent quatre vingt tirailleurs réclament leurs soldes promises depuis des mois. Le 1er décembre, gendarmes et troupes coloniales répriment le mouvement. Ils ouvrent le feu et font soixante dix morts. Trente quatre soldats seront condamnés, les autres renvoyés dans leur pays d’origine ou au village. Sceau du joug colonial, cette tragédie est considérée comme l’un des événements déclencheurs de l’indépendance de 1960. Sur un registre plus léger, la seconde histoire concerne celle d’un « toubab* » devenus chef de village (*en Afrique de l’ouest surnom donné aux « blancs »). Peu après la libération, un métropolitain rejoint le Sénégal dans le but de se faire oublier de l’administration française. Installé dans une communauté reculée, il teste et développe de nouvelles techniques agronomiques. Il réalise même des prouesses dans la culture de l’arachide. Entrepreneur reconnu, les villageois l’élisent chef du village. Pendant plus d’une décennie, il se rachètera une bonne conduite qui lui vaudra de pouvoir négocier son retour en métropole. La fin de cette histoire sonne l’heure de mon départ. Diol et Samba propose une célébration. Dans la courette, la troupe forme un cercle et me met au centre. Tous chantent et frappent des mains. Je suis gêné. Tour à tour, chacun s’approche et me serre la main. Malgré la pénombre, nous nous regardons dans les yeux comme il se doit. Il me faut partir. Un dernier chant et le cortège se met en marche. Je discute peu. Je repense aux moments qui m’ont été offerts cette semaine. La station de taxis se situe près du rond-point encore illuminé de son sapin de Noël. Samba s’en va négocier avec le chauffeur. Il m’indique de ne donner l’argent qu’à mon arrivée à l’aéroport. Un dernier signe de la main, la voiture jaune et bleu s’en va. Pour combler le vide, j’échange quelques mots sur le stage et la vie de taxi dakarois. À mi-chemin, il s’arrête à une station essence. Il me demande d’avancer l’argent. Je pressens une embrouille mais non, nous repartons. Il m’avoue qu’il connait peu les routes du nouvel aéroport. Suivant les panneaux, nous retrouvons le chemin. Dans un dernier claquement de portière, chargé de mon sac et de nouveaux souvenirs, je m’engouffre dans ce grand nœud humain pas encore tout à fait prêt à retrouver ma vie d’avant.

 

Texte et photos : ©JRo.